Pétrole Recul de plus d'un dollar, reprise de la production mexicaine
Par Bourse trading forex le mardi, octobre 30 2007, 14:33 - Bourse de Londres - Lien permanent
Londres (AWP/AFX) - Les prix du pétrole refluaient mardi matin, au lendemain de nouveaux records à Londres et à New York, après la reprise de la production mexicaine interrompue dimanche, et à la veille du rapport hebdomadaires sur les réserves pétrolières américaines.
Sur l'Intercontinental Exchange de Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre valait 89,37 dollars, en baisse de 95 cents vers 11H15 GMT. Lundi, il avait touché pour la première fois de son histoire le seuil symbolique des 90 dollars, montant jusqu'au prix jamais vu de 90,49 dollars.
A New York, le baril de «light sweet crude» pour livraison en décembre coûtait 92,49 dollars, en baisse de 1,04 dollar. La veille il s'était hissé jusqu'à 93,80 dollars, un nouveau record absolu.
Selon les analystes du secteur, la détente s'explique par le fait que la compagnie nationale des pétrole mexicains (Pemex) aurait annoncé mardi une reprise de sa production.
Le marché avait fortement réagi en effet à l'annonce dimanche d'une réduction temporaire de la production mexicaine, de 600.000 barils par jour, pour cause de mauvais temps.
Les autres facteurs haussiers ayant poussé les cours à prendre quelque 13 dollars en trois semaines restent cependant intacts.
En toile de fond, l'état des stocks mondiaux continue de préoccuper les investisseurs. La semaine dernière, les réserves de brut américaines étaient par exemple inférieures de 5,9% à leur niveau de l'an dernier.
Pour la semaine achevée le 26 octobre, les analystes s'attendent à un déclin de 1,2 million de barils des stocks de distillats (qui comprennent notamment le fioul de chauffage, crucial avant l'hiver), ainsi qu'à une baisse de 450.000 barils des réserves d'essence. Selon leurs estimations, les stocks de brut auraient en revanche progressé de 400.000 barils.
Par ailleurs, le marché craint les conséquences d'une possible intervention militaire de la Turquie contre les rebelles du Parti des travailleurs kurdes (PKK) réfugiés en Irak, de l'autre côté de la frontière.
L'armée turque a continué de pilonner mardi les rebelles kurdes sur son territoire, près de la frontière avec l'Irak, tandis que le chef kurde irakien Massoud Barzani exhortait le PKK à renoncer à la violence.
Deux hélicoptères Cobra ont lâché des bombes sur les monts Cudi, dans la province de Sirnak (sud-est), frontalière avec l'Irak.
Selon Paul Harris, analyste de la Bank of Ireland, «une offensive turque d'envergure pourrait se concrétiser après le 5 novembre, une fois que les responsables turcs et américains se seront rencontrés».
Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan doit rencontrer jeudi la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice qui fera escale à Ankara. Le 5 novembre il s'entretiendra avec le président George W.Bush à la Maison Blanche.
Le marché suit également avec inquiétude les développements du dossier nucléaire iranien: les Occidentaux accusent l'Iran de vouloir se doter de la bombe nucléaire sous couvert d'un programme pacifique d'enrichissement nucléaire. Jeudi, l'administration Bush a infligé de nouvelles sanctions au régime islamique.
Lundi, un haut responsable des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime iranien, a averti que les miliciens islamistes pourraient lancer des opérations suicide dans le Golfe.
Enfin, la faiblesse chronique du dollar continue de pousser les prix en stimulant la demande d'or noir: quand le billet vert est faible, le baril, dont le prix est libellé en dollars, est plus avantageux pour les investisseurs hors zone dollar. Lundi le billet vert était tombé à 1,4438, son plus bas niveau face à l'euro depuis la création de la monnaie unique en 1999.
afx/jq
(AWP/30 octobre 2007 13h19)