Citigroup, qui a déjà passé par pertes et profits 3 milliards d'actifs au troisième trimestre, a avoué qu'il lui faudrait encore effacer de ses comptes jusqu'à 11 milliards de dollars au titre du quatrième trimestre.

La banque a pris cinq semaines pour sélectionner ses nouveaux dirigeants, une durée qui peut paraître très longue dans le contexte actuel de grande volatilité des marchés financiers. Le renflouement de la banque à hauteur de 7,5 milliards de dollars par l'émirat d'Abou Dhabi, annoncé il y a deux semaines, a ainsi été entériné par une équipe transitoire.

La presse économique américaine annonçait depuis quelque temps déjà que la piste interne était privilégiée pour la succession de M. Prince.

Une piste interne toutefois toute relative.

M. Pandit est entré chez Citigroup en juillet seulement, lorsque le groupe a racheté son fonds d'investissement Old Lane Partners. Il avait auparavant occupé de hautes fonctions à la banque d'affaires Morgan Stanley.

M. Pandit, un diplômé de l'université newyorkaise de Columbia unanimement salué pour sa vivacité intellectuelle, est le premier dirigeant d'origine indienne à atteindre une position aussi éminente à Wall Street.

Pour expliquer le choix du conseil d'administration, son président Robert Rubin a relevé "la grande expérience de dirigeant" de M. Pandit, en dépit de son relatif jeune âge (50 ans), associée à une grande capacité d'analyse stratégique. "Il a gagné le respect des gérants, comme des responsables du conseil d'adminstration, pour son intelligence incisive et pour sa capacité à prendre en compte risques et opportunités en prenant et en mettant en oeuvre des décisions difficiles", a fait valoir M. Rubin.

Sir Win Bischoff, 66 ans, est lui aussi entré chez Citigroup à la faveur d'un rachat: la reprise, en 2000, de la banque d'affaires britannique Schroders dont il était alors président.

Le conseil d'administration a choisi comme prévu la solution d'un tandem à la tête de la banque, sensible à l'argument que M. Pandit n'avait pas une connaissance assez approfondie de l'ensemble des activités tentaculaires de l'établissement, en particulier dans la banque de détail.

Mais la solution la plus couramment évoquée --la prolongation du mandat de M. Rubin à la tête du "board"-- n'a finalement pas été retenue. L'ancien secrétaire au Trésor de l'administration Clinton "retournera à ses fonctions antérieures, comme membre du conseil d'administration de Citigroup et président de son comité exécutif", précise le communiqué.