Les réserves américaines de brut ont baissé de 3,3 millions de barils lors de la semaine achevée le 21 décembre, a rapporté le département américain de l'Energie (DoE) jeudi. Les analystes, qui tablaient sur une baisse limitée à 1,75 million de barils, étaient loin du compte. Il s'agit de la sixième baisse hebdomadaire consécutive des réserves.

Préoccupés par la perspective d'un ralentissement de la demande pétrolière dans le sillage de l'affaissement prévu de l'économie des Etats-Unis, les opérateurs avaient récemment négligé la baisse continue des réserves américaines. Mais les inquiétudes sur la précarité de l'approvisionnement se sont de nouveau matérialisées jeudi.

Parallèlement, l'assassinat de Benazir Bhutto au Pakistan a donné un coup de fouet aux cours, en faisant revenir sur le devant de la scène le risque géopolitique.

"Le marché a intégré aux prix du pétrole une prime liée à la montée du risque géopolitique consécutive à l'assassinat de Mme Bhutto", soulignaient les analystes de Sucden. La disparition de Mme Bhutto suscite des inquiétudes sur la stabilité du Pakistan, seul pays islamique doté de l'arme nucléaire, au coeur d'une région déjà très instable.

Mais passée la réaction réflexe du marché, certains analystes tenaient à relativiser la portée de l'évènement.

"Les événements au Pakistan ont peu d'impact sur l'offre ou la demande de pétrole", explique Olivier Jakob, directeur du cabinet Petromatrix.

"Nous considérons qu'une prime de risque est justifiée en ce qui concerne les tensions entre la Turquie et les rebelles kurdes d'Irak, et en ce qui concerne le Nigeria, mais nous n'exagérerons pas la portée des événements au Pakistan", a-t-il ajouté.

(©AFP / 28 décembre 2007 11h32)