Ces nouveaux signes d'instabilité géopolitique viennent s'ajouter aux inquiétudes concernant la situation au Pakistan, qui poussent les cours depuis la semaine dernière. A la suite de l'assassinat de l'opposante Benazir Bhutto, les élections législatives dans ce pays, qui n'est pas un grand producteur de pétrole mais se situe dans une région sensible, ont été repoussées à mi-février.

Le risque de perturbations accrues sur le marché mondial du pétrole intervient justement à une période où le niveau de l'offre inquiète, de nombreux intervenants jugeant l'approvisionnement précaire par rapport à la demande.

"Les stocks de brut et de fioul domestique américains continuent à baisser en raison du froid qui a récemment sévi dans l'hémisphère nord", a ainsi rappelé M. Houssin.

Par conséquent, l'anticipation d'un nouveau recul des réserves américaines de brut a donné un coup de fouet supplémentaire au marché. Si le rapport du Département américain à l'Energie confirme jeudi les prévisions des analystes, il s'agirait de la septième semaine de baisse consécutive des stocks américains, qui se retrouvent à leur niveau le plus bas depuis près de trois ans, rappelle John Kilduff, de MF Global.

Les analystes soulignaient aussi le retour sur le marché de fonds d'investissement, qui reprenaient des positions pour cette nouvelle année après avoir clôturé leur portefeuille 2007.

"Il y a une très grande volatilité sur les marchés, à la hausse comme à la baisse, liée au fait que les marchés ne sont pas complètement revenus à la normale en terme d'activité, vu que c'est la fin des vacances. Comme il y a peu d'intervenants, les fluctuations sont plus fortes", a commenté M. Houssin.

Mais selon le responsable de l'AIE, "100 dollars, c'est symbolique, ce n'est pas forcément le signe d'une nouvelle tendance".

Selon l'Agence internationale de l'Energie, le marché devrait plutôt connaître "un meilleur équilibre entre l'offre et la demande" en 2008.

"Il ne faut pas tirer de conséquences prématurées sur ce seuil qui reste symbolique. Toutefois si cet aspect symbolique peut entraîner une réaction des pays consommateurs en terme d'économie d'énergie, ce serait plutôt une bonne chose", a pointé M. Houssin.

(©AFP / 02 janvier 2008 21h39)