Le pétrole débute 2008 au sommet: 100 USD en séance, record de clôture
Par Bourse trading forex le mercredi, janvier 2 2008, 21:58 - Pétrole matières premières - Lien permanent
NEW YORK - Le marché du pétrole a démarré l'année 2008 sur les chapeaux de roue mercredi à New York, le baril touchant le seuil historique de 100 dollars en séance et clôturant à un niveau record, largement au-dessus de 99 dollars.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en février a terminé la séance en hausse de 3,64 dollars à 99,62 dollars, effaçant ainsi son précédent record de clôture qui datait du 23 novembre (96,55 dollars).
A mi-séance, le baril a grimpé très brièvement au prix exact de 100,00 dollars pour la première fois de son histoire.
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord à échéance en février s'est aussi envolé, atteignant successivement les 97 dollars le baril pour la première fois, puis un nouveau record absolu, à 98,00 dollars. Il a aussi clôturé à des sommets, à 97,84 dollars, en hausse de 3,99 dollars.
"Ce qui a peut-être accéléré la montée des prix, ce sont les récents événements géopolitiques. Après le Pakistan, les troubles au Nigeria ont contribué à aiguiser la nervosité du marché", a expliqué à l'AFP Didier Houssin, chargé du marché pétrolier et des mesures d'urgence à l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Au moins douze personnes ont été tuées pendant les festivités du Nouvel An à Port Harcourt, le centre pétrolier du sud du Nigeria, qui est le premier producteur africain et le cinquième fournisseur des Etats-Unis.
Ces nouveaux signes d'instabilité géopolitique viennent s'ajouter aux inquiétudes concernant la situation au Pakistan, qui poussent les cours depuis la semaine dernière. A la suite de l'assassinat de l'opposante Benazir Bhutto, les élections législatives dans ce pays, qui n'est pas un grand producteur de pétrole mais se situe dans une région sensible, ont été repoussées à mi-février.
Le risque de perturbations accrues sur le marché mondial du pétrole intervient justement à une période où le niveau de l'offre inquiète, de nombreux intervenants jugeant l'approvisionnement précaire par rapport à la demande.
"Les stocks de brut et de fioul domestique américains continuent à baisser en raison du froid qui a récemment sévi dans l'hémisphère nord", a ainsi rappelé M. Houssin.
Par conséquent, l'anticipation d'un nouveau recul des réserves américaines de brut a donné un coup de fouet supplémentaire au marché. Si le rapport du Département américain à l'Energie confirme jeudi les prévisions des analystes, il s'agirait de la septième semaine de baisse consécutive des stocks américains, qui se retrouvent à leur niveau le plus bas depuis près de trois ans, rappelle John Kilduff, de MF Global.
Les analystes soulignaient aussi le retour sur le marché de fonds d'investissement, qui reprenaient des positions pour cette nouvelle année après avoir clôturé leur portefeuille 2007.
"Il y a une très grande volatilité sur les marchés, à la hausse comme à la baisse, liée au fait que les marchés ne sont pas complètement revenus à la normale en terme d'activité, vu que c'est la fin des vacances. Comme il y a peu d'intervenants, les fluctuations sont plus fortes", a commenté M. Houssin.
Mais selon le responsable de l'AIE, "100 dollars, c'est symbolique, ce n'est pas forcément le signe d'une nouvelle tendance".
Selon l'Agence internationale de l'Energie, le marché devrait plutôt connaître "un meilleur équilibre entre l'offre et la demande" en 2008.
"Il ne faut pas tirer de conséquences prématurées sur ce seuil qui reste symbolique. Toutefois si cet aspect symbolique peut entraîner une réaction des pays consommateurs en terme d'économie d'énergie, ce serait plutôt une bonne chose", a pointé M. Houssin.
(©AFP / 02 janvier 2008 21h39)
