Spéculation maximum le cours du pétrole atteint 100 dollars
Par Bourse trading forex le mercredi, janvier 2 2008, 21:50 - Pétrole matières premières - Lien permanent
PARIS - Le baril de brut a touché mercredi le seuil symbolique des 100 dollars après avoir vu son cours quadrupler en cinq ans sous l'effet de la consommation effrénée de la Chine et l'Inde, des tensions géopolitiques et d'une montée de la spéculation.
Il y a encore cinq ans, les cours du brut oscillaient entre 22 et 28 dollars au sein d'une fourchette définie par l'Opep, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole.
L'invasion américaine en Irak en 2003 a allumé la mèche sur les marchés de l'or noir, parallèlement à la grève du secteur pétrolier au Venezuela entre 2002 et 2003.
Aujourd'hui, ce sont de nouveaux les troubles géopolitiques qui font flamber les cours, une semaine après l'assassinat de Benazir Bhutto au Pakistan.
"Ce sont les problèmes géopolitiques, le Pakistan, le Nigeria, avec à côté le Kenya qui flambe", la Turquie qui multiplie les opérations contre le PKK dans le nord de l'Irak, qui poussent les prix à la hausse, constate Moncef Kaabi, analyste de Natixis.
Car les marchés à terme, comme celui du pétrole, "traduisent l'inquiétude, l'incertitude" des investisseurs, note-t-il.
La poussée de fièvre survenue en cette première séance de 2008 "correspond aussi à une période de forte demande avec l'hiver", ajoute M. Kaabi, précisant que "les anticipations sont à la hausse, et la volatilité reprend".
Autre facteur qui a alimenté la hausse des cours ces dernières années: le manque d'investissement des pays producteurs, en particulier ceux de l'Opep.
"D'où une perte de capacités de production en Iran, au Nigeria ou en Irak à l'heure où la demande augmentait fortement", remarque Leo Drollas, directeur adjoint du Centre for Global Energy Studies (CGES).
Parallèlement, le monde a connu depuis cinq ans une très forte croissance, générant une consommation pétrolière effrénée.
La Chine est aujourd'hui le deuxième consommateur mondial d'énergie, derrière les Etats-Unis, mais devrait les doubler peu après 2010, estime l'Agence internationale de l'Energie (AIE).
Ce bond de la demande a entraîné une tension sur les stocks avec des craintes de pénurie récurrentes, d'autant plus que la capacité de raffinage mondiale est insuffisante.
L'Opep, qui fournit 40% du pétrole mondial, a par ailleurs adopté une politique plus agressive, abandonnant sa fourchette de prix, et défendant des seuils de cours de plus en plus élevés par des baisses de production.
Fin 2006, les prix du brut étaient ainsi tombés autour de 50 dollars le baril et le cartel a voté deux baisses de production successives pour un total de 1,2 million de barils par jour (mbj).
La seconde baisse, entrée en vigueur en février dernier, "a été celle de trop", juge M. Drollas.
Les 13 pays membres de l'Opep ont consenti une hausse de production d'un demi-million de barils par jour (mbj) à 27,2 mbj en septembre, mais celle-ci a été insuffisante pour empêcher une envolée des cours de 25 dollars en trois mois et demi.
L'Opep se défend d'être à l'origine de cette flambée et l'attribue aux problèmes de raffinage, à la géopolitique et à la spéculation.
Le marché à terme pétrolier est en effet devenu très rentable alors que les rendements boursiers, obligataires et immobiliers retombent.
L'or noir est aussi devenu une valeur refuge pour les investisseurs qui veulent se couvrir contre la chute du dollar.
Celle-ci contribue aussi à la hausse du brut car elle incite les producteurs à réclamer plus pour la même quantité de pétrole, afin de maintenir leur pouvoir d'achat.
A l'approche des 100 dollars, la spéculation s'est intensifiée, les spéculateurs poussant les cours vers ce chiffre magique.
(©AFP / 02 janvier 2008 20h01)
