Lors de la semaine achevée le 4 janvier, les raffineries ont nettement poussé leur cadence - le taux d'utilisation de leurs capacités est passé de 89,4% à 91,3% - et les stocks d'essence se sont fortement étoffés, de 5,3 millions de barils. Enfin, les réserves de distillats, cruciales à cette période de l'année, ont progressé de 1,5 millions de barils.

Les inquiétudes sur la demande ont également pesé sur les cours: depuis plusieurs mois, les marchés s'inquiétent régulièrement qu'une éventuelle récession aux Etats-Unis et ailleurs ne mène à un affaissement de la demande pétrolière.

Une note de conjoncture de Goldman Sachs, publiée mercredi, a ravivé ces craintes. La banque américaine a pronostiqué que l'économie américaine allait connaître une récession en 2008.

Ces éléments baissiers l'emportaient jeudi sur les facteurs haussiers qui, se combinant, avaient propulsé les prix pour la première fois la semaine dernière à plus de 100 dollars le baril.

Les craintes géopolitiques continuaient ainsi à soutenir les cours, notamment au Nigeria, premier producteur de brut africain.

Le Mouvement d'émancipation du delta du Niger (MEND), principal groupe armé dans la région pétrolière du sud du Nigeria, a revendiqué jeudi l'attaque de quatre navires au large des champs pétroliers off-shore du sud du Nigeria.

Il a également menacé l'industrie pétrolière de nouvelles attaques, destinées à provoquer, selon lui, un "tsunami économique" sur les marchés.

Dans ce contexte de fortes incertitudes, où le camp des "haussiers" s'oppose âprement à celui des "baissiers", le marché attend beaucoup de la prochaine décision de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), à Vienne le 1er février. Le cartel assure 40% de l'offre mondiale de brut.

Selon Ed Meir, analyste de MF Global, le cartel pourrait, cette fois, décider de relever ses niveaux de production, sachant que les signes de ralentissement économique aux Etats-Unis n'ont pas encore érodé la demande, et que la chute des stocks se poursuit à un rythme inquiétant aux Etats-Unis et ailleurs.

En visite à Oran (Algérie) mercredi, Chakib Khelil, président de l'Opep et ministre algérien des Mines et de l'Energie, a cependant souligné les conséquences que pourrait avoir la dégradation de l'économie américaine sur la demande pétrolière.

Le président de l'Opep a affirmé suivre de près les progrès de cette crise et estimé qu'elle pourrait, en atteignant l'Europe et le reste du monde, entraîner une récession de l'économie mondiale et faire baisser la demande de pétrole.

(©AFP / 10 janvier 2008 18h43)