Société Générale: Kerviel, en passe d'être inculpé, voulait être un "trader d'exception"
Par Bourse trading forex le mardi, janvier 29 2008, 10:26 - Bourse actualité - Lien permanent
Jérôme Kerviel, accusé par la Société Générale d'être l'auteur d'une "fraude" record, a admis devant les enquêteurs avoir agi pour "dissimuler" ses opérations sur le marché et voulait devenir un "trader d'exception", a annoncé lundi le procureur de Paris, avant une probable inculpation. Evénement
Toutefois, le trader "n'a pas agi à son profit direct et personnel" dans cette affaire qui a provoqué une perte de 4,9 milliards d'euros pour la Société générale, a indiqué le procureur, Jean-Claude Marin.
Jérôme Kerviel, qui a été longuement interrogé samedi et dimanche par les enquêteurs de la brigade financière, a "admis", lors de sa garde à vue, "avoir accompli certains actes et faits pour dissimuler" ses agissements, a ajouté le procureur lors d'une conférence de presse.
M. Kerviel, 31 ans, a été transféré en fin de matinée au pôle financier du tribunal de Paris. Selon ses avocats, son inculpation était inévitable.
Par ailleurs l'Autorité des marchés financiers a annoncé qu'un des membres du conseil d'administration de la Société Générale avait vendu 85,7 millions d'euros d'actions le 9 janvier, soit deux semaines avant l'annonce par la banque de pertes massives.
Le procureur a levé une partie du voile sur les motivations du trader, objet de toutes les interrogations depuis l'annonce de cette affaire qui a stupéfié le monde de la finance.
D'après lui, Jérôme Kerviel "espérait apparaître comme un trader d'exception et obtenir des primes de rendement supérieures". Selon M. Marin, les primes espérées par M. Kerviel pouvaient atteindre "300.000 euros pour 2007".
A la Société générale, un des trois principales banques françaises, M. Kerviel, décrit comme un employé discret, touchait moins de 100.000 euros par an, une somme peu élevée dans le monde de la finance.
Une information judiciaire a été ouverte "pour faux et usage de faux", "introduction dans un système automatisé de données informatiques" et "abus de confiance aggravé par le caractère professionnel de l'auteur" ainsi que pour "tentative d'escroquerie", a précisé M. Marin.
La peine la plus lourde encourue est celle pour abus de confiance, soit 7 ans d'emprisonnement et 750.000 euros d'amende.
Selon le procureur, Jérôme Kerviel a commencé à mener des opérations non autorisées dès la fin de l'année 2005. La banque avait indiqué jusqu'alors, en se fondant sur des investigations menées en interne, que M. Kerviel avait commencé à prendre des "positions frauduleuses" à la fin 2006.
Le parquet va requérir son placement en détention provisoire, a ajouté M. Marin.
L'enquête "ne démontre pas une absolue défaillance des systèmes (de protection, ndlr) de la Société Générale", a aussi expliqué le procureur.
"En l'état, il apparaît qu'un certain nombre d'alertes ont été faites par des responsables de service et il semble que ces alertes ont reçu des réponses falsifiées qui ont abouti au constat que les opérations n'étaient pas risquées parce qu'elle étaient couvertes", a dit M. Marin.
Le procureur a aussi expliqué que Jérôme Kerviel n'était pas le seul à faire prendre des risques à sa banque, mais que "d'autres traders" avaient "agi à un moindre niveau" d'une façon similaire.
