A la Société générale, un des trois principales banques françaises, M. Kerviel, décrit comme un employé discret, touchait moins de 100.000 euros par an, une somme peu élevée dans le monde de la finance.

Une information judiciaire a été ouverte "pour faux et usage de faux", "introduction dans un système automatisé de données informatiques" et "abus de confiance aggravé par le caractère professionnel de l'auteur" ainsi que pour "tentative d'escroquerie", a précisé M. Marin.

La peine la plus lourde encourue est celle pour abus de confiance, soit 7 ans d'emprisonnement et 750.000 euros d'amende.

Selon le procureur, Jérôme Kerviel a commencé à mener des opérations non autorisées dès la fin de l'année 2005. La banque avait indiqué jusqu'alors, en se fondant sur des investigations menées en interne, que M. Kerviel avait commencé à prendre des "positions frauduleuses" à la fin 2006.

Le parquet va requérir son placement en détention provisoire, a ajouté M. Marin.

L'enquête "ne démontre pas une absolue défaillance des systèmes (de protection, ndlr) de la Société Générale", a aussi expliqué le procureur.

"En l'état, il apparaît qu'un certain nombre d'alertes ont été faites par des responsables de service et il semble que ces alertes ont reçu des réponses falsifiées qui ont abouti au constat que les opérations n'étaient pas risquées parce qu'elle étaient couvertes", a dit M. Marin.

Le procureur a aussi expliqué que Jérôme Kerviel n'était pas le seul à faire prendre des risques à sa banque, mais que "d'autres traders" avaient "agi à un moindre niveau" d'une façon similaire.