La Suisse, vivier pour les pêcheurs d'affaires
Par Bourse trading forex le lundi, mars 24 2008, 23:20 - Economie - Lien permanent
Même si une enquête d'Ernst & Young prévoit une baisse des gros achats, les opportunités restent nombreuses.
C'est dans les temps difficiles que l'on fait fortune. Du coup, la crise financière qui touche l'économie depuis quelques mois crée des opportunités de fusions et d'acquisitions en or pour ceux qui ont les poches pleines. La société Ernst & Young ne dit pas autre chose dans le rapport qu'elle a rendu hier et qui concerne les mouvements dans le marché suisse des transactions en 2008.
En introduction, comme en conclusion, cette étude ne saurait être plus claire. Dans un marché caractérisé par un resserrement important des conditions de crédit, le nombre de transactions devrait continuer à baisser. Avec des nuances cependant: ce sont avant tout les acquisitions majeures qui seront à la peine.
Il faut dire que celles-ci ont souvent été le fait, ces dernières années, de fonds d'investissement qui empruntent aux banques pour racheter des entreprises, dans un but soit spéculatif, soit de développement à plus long terme. Seulement, il se trouve que les grandes banques d'investissement qui prêtaient à ces fonds sont également celles qui souffrent aujourd'hui de la crise des crédits hypothécaires et qui, échaudées, restreignent leur politique de crédit. Du coup, certains fonds d'investissement, comme l'Américain Blackstone, se voient doublement menacés: par la baisse de la valeur des entreprises achetées et par l'assèchement des lignes de crédit.
Riches entreprises
Pour autant, ce secteur du private equity, comme le nomment les spécialistes, souffre d'exception. Pour preuve: l'un des plus importants fonds d'investissements suisse, Capvis, a récemment annoncé avoir réuni 600 millions d'euros pour de futures participations. Serait-ce donc que les banques sont moins frileuses qu'on le dit? «Il n'y a pas que les banques pour apporter de l'argent, précise Louis Siegrist, responsable de l'étude pour Ernst & Young. Il y a aussi les fonds de pension qui disposent d'énormément de liquidités et qui se doivent de diversifier leurs véhicules d'investissement.»
Quoi qu'il en soit, selon l'étude d'Ernst & Young, ce sont les entreprises, et non les fonds de private equity, qui devraient animer le marché suisse des acquisitions en 2008. Car certaines d'entre elles ont à disposition d'importantes réserves d'argent. On pense aux Anglo-suisses de Xstrata, acteur majeur du secteur minier, lequel a connu, en 2007, une explosion des opérations de fusion et acquisition (+69%) pour atteindre 160 milliards de francs. Les entreprises pharmaceutiques sont aussi sur les rangs. Et ce sont peut-être elles qui seront les acteurs de très importantes acquisitions en 2008. On évoque ainsi l'urgence pour le géant américain Pfizer d'acquérir une autre grosse pharma possiblement suisse dans le but de renforcer son réservoir de futurs médicaments.
«Mais nous prévoyons que l'essentiel des transactions sera de moyenne importance, ajoute Louis Siegrist. On ne dépassera que très rarement les 200 millions de francs.»
De jolies niches
Et la Suisse serait un vivier pour les pêcheurs d'affaires. Une grande partie de son industrie occupe en effet des niches de haute technologie et donc de haute valeur ajoutée. Des cibles idéales pour des acteurs plus importants qui entendent renforcer leurs activités de base. Ce n'est pas tout. On estime que plusieurs milliers de patrons helvétiques sont confrontés ou seront confrontés dans les toutes prochaines années, à la question de leur succession. Si celle-ci ne peut se faire à l'interne, ces entreprises seront alors autant d'opportunités d'achat. Une raison qui fait dire à Ernst & Young que les transactions de moyenne importance ne devraient pas connaître de répit en 2008.
