Riches entreprises

Pour autant, ce secteur du private equity, comme le nomment les spécialistes, souffre d'exception. Pour preuve: l'un des plus importants fonds d'investissements suisse, Capvis, a récemment annoncé avoir réuni 600 millions d'euros pour de futures participations. Serait-ce donc que les banques sont moins frileuses qu'on le dit? «Il n'y a pas que les banques pour apporter de l'argent, précise Louis Siegrist, responsable de l'étude pour Ernst & Young. Il y a aussi les fonds de pension qui disposent d'énormément de liquidités et qui se doivent de diversifier leurs véhicules d'investissement.»

Quoi qu'il en soit, selon l'étude d'Ernst & Young, ce sont les entreprises, et non les fonds de private equity, qui devraient animer le marché suisse des acquisitions en 2008. Car certaines d'entre elles ont à disposition d'importantes réserves d'argent. On pense aux Anglo-suisses de Xstrata, acteur majeur du secteur minier, lequel a connu, en 2007, une explosion des opérations de fusion et acquisition (+69%) pour atteindre 160 milliards de francs. Les entreprises pharmaceutiques sont aussi sur les rangs. Et ce sont peut-être elles qui seront les acteurs de très importantes acquisitions en 2008. On évoque ainsi l'urgence pour le géant américain Pfizer d'acquérir une autre grosse pharma   possiblement suisse   dans le but de renforcer son réservoir de futurs médicaments.

«Mais nous prévoyons que l'essentiel des transactions sera de moyenne importance, ajoute Louis Siegrist. On ne dépassera que très rarement les 200 millions de francs.»

De jolies niches

Et la Suisse serait un vivier pour les pêcheurs d'affaires. Une grande partie de son industrie occupe en effet des niches de haute technologie et donc de haute valeur ajoutée. Des cibles idéales pour des acteurs plus importants qui entendent renforcer leurs activités de base. Ce n'est pas tout. On estime que plusieurs milliers de patrons helvétiques sont confrontés ou seront confrontés dans les toutes prochaines années, à la question de leur succession. Si celle-ci ne peut se faire à l'interne, ces entreprises seront alors autant d'opportunités d'achat. Une raison qui fait dire à Ernst & Young que les transactions de moyenne importance ne devraient pas connaître de répit en 2008.