Sur place, la situation s'était un peu calmée lundi par rapport au chaos qui avait marqué les tout premiers jours de fonctionnement, grâce notamment à la participation de 400 volontaires de BA, qui se sont attaqués dimanche à la montagne de bagages en souffrance, tandis que la compagnie s'efforçait de tenir ses passagers informés de l'évolution de la situation par textos et e-mails.

Le directeur général de BA, Willie Walsh, qui a endossé personnellement la responsabilité de l'affaire tout en rejetant l'idée d'une démission, a assuré que ses équipes "ne prendraient pas de repos tant que le service n'aurait pas retrouvé le niveau de qualité que la clientèle est en droit d'attendre".

Selon des analystes, l'affaire pourrait coûter à BA entre 20 et 50 millions de livres.

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband a lui aussi exprimé sa colère lundi face à ce chaos. Il a révélé sur son blog que l'un de ses 26 homologues européens avait été victime du chaos logistique régnant dans le terminal. Ce ministre, dont il n'a pas divulgué la nationalité, se rendait à une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères en Slovénie, et s'est retrouvé sans bagages.

Les débuts peu flatteurs de ce bâtiment qui a coûté 5,6 milliards d'euros, et dont la construction faisait la fierté de BA ces dernières années, coïncident avec l'entrée en vigueur de l'accord de ciel ouvert transatlantique, qui permet depuis dimanche aux compagnies européennes et américaines de réaliser des vols directs intercontinentaux depuis n'importe quel aéroport, notamment Heathrow.

Celui-ci était auparavant la chasse bien gardée des compagnies britanniques BA et Virgin Atlantic, et des Américaines United Airlines et American Airlines.

Lundi, Air France-KLM et l'Américaine Delta Airlines, membres de l'alliance SkyTeam, ont lancé en fanfare leurs premiers vols entre Londres et les Etats-Unis depuis Heathrow.

(©AFP / 31 mars 2008 18h51)