Baril à 135 dollars production maximale au dire de l'OPEP
Par Bourse trading forex le vendredi, mai 23 2008, 15:48 - Pétrole matières premières - Lien permanent
L'Agence internationale de l'énergie revoit ses prévisions de production à la baisse.
Les uns évoqueront la loi des séries, les autres une conjonction hasardeuse, mais regrettable, de différents phénomènes. Quoi qu'il en soit, le prix du pétrole, tant pour le Brent londonien que pour le WTI new-yorkais, a vécu hier une nouvelle journée de folie, explosant à un moment le seuil des 135 dollars.
Si la hausse des cours n'étonne plus personne, celle d'hier surprend par son ampleur. Selon l'agence Bloomberg, elle s'expliquerait en grande partie par un large mouvement de la part des négociants. Plusieurs d'entre eux, sur le marché new-yorkais, avaient en effet parié ces derniers jours sur une baisse prochaine du cours du brut et pris en ce sens des positions à court terme. Constatant que la conjoncture contredisait leurs attentes, ils seraient entrés en masse sur le marché orienté à la hausse pour couvrir leur précédente perte.
C'est probablement ce qui a fait dire hier au ministre saoudien du pétrole, Ali Al-Naimi, que la hausse des cours était le fait des investisseurs et non pas d'une faiblesse de l'offre. C'est oublier que ceux-ci sont attirés par les déclarations des représentants de l'Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP), lesquels ont plusieurs fois affirmé être à l'heure actuelle au maximum de leur capacité de production, et que rien ne devrait changer sur ce front avant leur prochaine réunion prévue pour le mois de septembre prochain.
Gisements faiblissants
Souvent poussé à la hausse du fait d'une demande croissante, le cours du brut reflète ces jours-ci également une inquiétude sur une contraction de l'offre. Cette tendance est confirmée par une déception qui s'explique par les faibles capacités de production en provenance des pays non-OPEP. Qu'il s'agisse de la Norvège, du Mexique ou encore des Etats-Unis, on assiste à une érosion des gisements. De son côté, la Russie n'a pas augmenté son rythme d'extraction, ce que beaucoup escomptaient en début d'année. Finalement, et pour ne rien arranger, le Nigeria, connu pour l'excellence de son brut, voit sa capacité de production limitée par les attaques à répétition des partisans du Mouvement d'émancipation du Delta du Niger.
Avions plombés
Ce problème d'offre, accentué par l'annonce d'une baisse des stocks américains, se répercute également dans les dernières prévisions émanant de l'Agence internationale pour l'énergie et dévoilée par le Wall Street Journal. Sa dernière estimation pour l'année 2030 table sur une production de 100 millions de barils par jour contre 116 millions selon ses dernières projections. Cette peur de l'avenir s'est reflétée hier sur le plus long marché à terme de la place new-yorkaise, où le baril de brut à l'horizon 2016 s'est échangé au-delà des 142 dollars.
Dans l'immédiat, la hausse des cours continue de faire des ravages dans les comptes des compagnies d'aviation. Ainsi, les résultats du premier trimestre d'Air France affichent la première perte du groupe depuis 2003. Quant à American Airlines, elle a averti hier qu'elle devrait réduire ses effectifs, sa flotte et son offre tant la hausse du carburant menace jusqu'à la survie du groupe.
