Gisements faiblissants

Souvent poussé à la hausse du fait d'une demande croissante, le cours du brut reflète ces jours-ci également une inquiétude sur une contraction de l'offre. Cette tendance est confirmée par une déception qui s'explique par les faibles capacités de production en provenance des pays non-OPEP. Qu'il s'agisse de la Norvège, du Mexique ou encore des Etats-Unis, on assiste à une érosion des gisements. De son côté, la Russie n'a pas augmenté son rythme d'extraction, ce que beaucoup escomptaient en début d'année. Finalement, et pour ne rien arranger, le Nigeria, connu pour l'excellence de son brut, voit sa capacité de production limitée par les attaques à répétition des partisans du Mouvement d'émancipation du Delta du Niger.

Avions plombés

Ce problème d'offre, accentué par l'annonce d'une baisse des stocks américains, se répercute également dans les dernières prévisions émanant de l'Agence internationale pour l'énergie et dévoilée par le Wall Street Journal. Sa dernière estimation pour l'année 2030 table sur une production de 100 millions de barils par jour contre 116 millions selon ses dernières projections. Cette peur de l'avenir s'est reflétée hier sur le plus long marché à terme de la place new-yorkaise, où le baril de brut à l'horizon 2016 s'est échangé au-delà des 142 dollars.

Dans l'immédiat, la hausse des cours continue de faire des ravages dans les comptes des compagnies d'aviation. Ainsi, les résultats du premier trimestre d'Air France affichent la première perte du groupe depuis 2003. Quant à American Airlines, elle a averti hier qu'elle devrait réduire ses effectifs, sa flotte et son offre tant la hausse du carburant menace jusqu'à la survie du groupe.