LONDRES - La fulgurante ascension des prix du pétrole, qui ont bondi de trois dollars en quelques heures pour atteindre à la surprise générale 100 dollars le baril à New York mercredi en tout début d'année, est due, selon les analystes, à une combinaison explosive de facteurs qui n'auraient pas suffi isolément.
- Le déclencheur a été fourni par les événements au Nigeria, premier producteur de brut africain: au moins 12 personnes ont été tuées lors d'une attaque à Port Harcourt, la "capitale" pétrolière du pays. Les opérateurs du marché craignent que la production, déjà amputée d'un quart depuis 2006, ne subisse d'autres interruptions.
- Les tensions géopolitiques étaient déjà montées d'un cran la semaine dernière avec l'assassinat de l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto. Bien que le Pakistan ne produise pas de pétrole, il se situe dans une région stratégique et compte, en tant que seule puissance nucléaire connue du monde musulman et allié-clé des Etats-Unis.
- L'instabilité politique générale s'est encore accrue au cours du week-end avec les événements du Kenya, en proie à des violences meurtrières depuis le 27 décembre.
- Le contexte général actuel est celui d'un équilibre précaire entre offre et demande. Les opérateurs estiment que la demande croît plus vite que l'offre et craignent des pénuries de brut au premier trimestre de l'année.
