Jérôme Kerviel, accusé par la Société Générale d'être l'auteur d'une "fraude" record, a admis devant les enquêteurs avoir agi pour "dissimuler" ses opérations sur le marché et voulait devenir un "trader d'exception", a annoncé lundi le procureur de Paris, avant une probable inculpation. Evénement
Toutefois, le trader "n'a pas agi à son profit direct et personnel" dans cette affaire qui a provoqué une perte de 4,9 milliards d'euros pour la Société générale, a indiqué le procureur, Jean-Claude Marin.
Jérôme Kerviel, qui a été longuement interrogé samedi et dimanche par les enquêteurs de la brigade financière, a "admis", lors de sa garde à vue, "avoir accompli certains actes et faits pour dissimuler" ses agissements, a ajouté le procureur lors d'une conférence de presse.
M. Kerviel, 31 ans, a été transféré en fin de matinée au pôle financier du tribunal de Paris. Selon ses avocats, son inculpation était inévitable.
Par ailleurs l'Autorité des marchés financiers a annoncé qu'un des membres du conseil d'administration de la Société Générale avait vendu 85,7 millions d'euros d'actions le 9 janvier, soit deux semaines avant l'annonce par la banque de pertes massives.
Le procureur a levé une partie du voile sur les motivations du trader, objet de toutes les interrogations depuis l'annonce de cette affaire qui a stupéfié le monde de la finance.
D'après lui, Jérôme Kerviel "espérait apparaître comme un trader d'exception et obtenir des primes de rendement supérieures". Selon M. Marin, les primes espérées par M. Kerviel pouvaient atteindre "300.000 euros pour 2007".
