PARIS - Le baril de brut a touché mercredi le seuil symbolique des 100
dollars après avoir vu son cours quadrupler en cinq ans sous l'effet de la
consommation effrénée de la Chine et l'Inde, des tensions géopolitiques et d'une
montée de la spéculation.
Il y a encore cinq ans, les cours du brut oscillaient entre 22 et 28 dollars
au sein d'une fourchette définie par l'Opep, l'Organisation des pays
exportateurs de pétrole.
L'invasion américaine en Irak en 2003 a allumé la mèche sur les marchés de
l'or noir, parallèlement à la grève du secteur pétrolier au Venezuela entre 2002
et 2003.
Aujourd'hui, ce sont de nouveaux les troubles géopolitiques qui font flamber
les cours, une semaine après l'assassinat de Benazir Bhutto au Pakistan.
"Ce sont les problèmes géopolitiques, le Pakistan, le Nigeria, avec à côté le
Kenya qui flambe", la Turquie qui multiplie les opérations contre le PKK dans le
nord de l'Irak, qui poussent les prix à la hausse, constate Moncef Kaabi,
analyste de Natixis.
Car les marchés à terme, comme celui du pétrole, "traduisent l'inquiétude,
l'incertitude" des investisseurs, note-t-il.
La poussée de fièvre survenue en cette première séance de 2008 "correspond
aussi à une période de forte demande avec l'hiver", ajoute M. Kaabi, précisant
que "les anticipations sont à la hausse, et la volatilité reprend".